BONHEUR !
Je ne sais pas qui a défini le bonheur tel que nous le connaissons presque tous.
En effet, le bonheur, c’est quand la paix du cœur est au rendez-vous. Tu as à manger, un bon dessert, un petit rouge, avec ou sans modération — c’est tout comme. C’est aussi vivre sa vie sans se soucier des autres. Comme on dit : pas de nouvelles,
bonnes nouvelles
Moi, je dirais que le bonheur, c’est lorsque je vis ma vie sans être embêté par les autres, et que les autres n’empiètent pas sur la mienne. Que lorsque je suis en société, en communauté, je suis une source de joie, que les gens sont heureux de me voir.
Ah oui… combien sont réellement heureux de me voir ?
Beaucoup sont prêts à se couper le petit doigt pour assister à ta chute. Ils contribueront même à la chute, pour te voir monter et applaudir une fois que tu tombes. Ni ta montée ni ta chute ne leur apportent quelque chose.
Dans la société humaine, ne te limite pas au nombre de personnes qui t’applaudissent. Regarde aussi ceux qui n’applaudissent pas.
Chacun est là pour sa part, comme on dit en lingala : toleka.
En Europe, personne n’a le temps pour personne, même pas les chômeurs. Le temps des congés est calculé, les agendas sont déjà remplis pour l’année suivante. Le hasard est devenu une perte de temps.
Et ceux qui ont du temps libre… n’ont nulle part où le dépenser.
Bonjour la solitude !
La solitude, une fameuse tueuse silencieuse. Comme le gaz, comme l’hypertension. Tout ce qui ne fait pas de bruit tue en silence.
L’hypocrisie, l’égoïsme, la rancune…
En Europe, à la moindre occasion, tout devient une opportunité de rencontre. Surtout quand les gens apprennent ta mort. Ce jour-là, ils se mobilisent. Ils veulent être là. Tu auras droit aux plus beaux hommages. Les statuts Facebook et WhatsApp vont remplir leur mémoire virtuelle pendant 48 heures.
Ils viendront à ta mise sous terre. Là, c’est l’adresse commune.
Même ce souffle de vie nous est prêté… respirons-le le plus possible.
En Afrique, tout le monde vit à 100 à l’heure. Chaque seconde est vécue au maximum. Ils en font plus avec moins.
Comment expliquer qu’une famille nombreuse, avec des enfants tous à l’université, tienne debout sans revenus visibles ? Et pourtant, les enfants étudient, personne n’est malade, et chaque jour est vécu comme une fête.
Comme on dit en swahili : maisha ni ya Mungu.
À Bukavu, ne sois pas étonné : malgré les difficultés, chaque week-end, il y a du monde, il y a de la vie.
Cette dame qui danse… tu ne sais pas pourquoi. Mais pour elle, un simple compliment suffit. Donne-lui 10 dollars, et elle te dira merci avec tout son corps.
Et voilà son expression du bonheur.
Pour moi, c’est ça le bonheur.
Être en Europe n’est pas synonyme de bonheur. Être en Afrique n’est pas égal à la souffrance.
Vivons heureux… et Dieu s’occupe du reste.
Amen.
— Tonton MC, Jean-Baptiste


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